top of page

Le 22 août 1914 : deux soldats originaires
de Tilly tués dès leur premier jour de combat

Durant la première guerre mondiale, Tilly-sur-Seulles a perdu plus d’une soixantaine d’hommes qui avaient vu le jour sur son sol. Les premiers sont tombés dès le début des combats. Plus précisément le 22 août 1914, journée de sinistre mémoire : en seulement 24 heures, l’armée française a vu mourir 27.000 de ses soldats, autant que durant toute la durée de la guerre d’Algérie. Parmi eux : Alfred Lepetit et Edmond Geneviève. Tous les deux servaient au sein du 36eme Régiment d’infanterie, de Caen. Une unité monté en ligne non loin de Charleroi (Belgique), à Châtelet au bord de la Sambre et dont c’était le premier jour de combat durant cette guerre… Les hommes portaient alors leurs pantalons rouges… des cibles idéales pour les mitrailleuses allemandes.

Alfred Lepetit était le fils du propriétaire du château et des fours à cbaux, Ernest Lepetit. Il s’était engagé trois ans avant. Et marié quatre mois plus tôt. Le second, Edmond Geneviève, était devenu agent de la Compagnie Générale des Omnibus de Paris.

 

Le journal du 36eme RI rappelle les faits

« Formé en majeure partie par des Normands et des parisiens, le 36e Régiment d’Infanterie, sous le commandement du lieutenant-colonel Bernard, se mobilise à Caen au milieu de l’enthousiasme général. Le 5 août, il s’embarque en chemin de fer et après un voyage de 24 heures, débarque à Poix-Terron (Ardennes). Il reçoit la mission de se porter sur la Meuse vers les ponts de Nouvion pour couvrir le débarquement du 3e C.A. Il restera dans cette région (Boutemont – Etrepigny – Les Ayvelles) jusqu’au 15 août.

Pendant cette période, l’amalgame se fait entre soldats de l’active et réservistes, l’esprit de corps commence à se manifester, qui permettra au Régiment de fournir de longues étapes en Belgique sans laisser de traînards. Le 15 août, en effet, le 36e est englobé dans le mouvement de la Ve Armée qui s’élève en territoire belge dans la direction de Namur. Le Régiment encadre l’artillerie de corps et prouve sa résistance et sa discipline par sa tenue parfaite sous le soleil qui brûle les routes de Séloigne, Rance, Thy-le-Château, Gourdinne. Les Belges font un accueil enthousiaste ; la traversée de Walcourt laisse au cœur de tous un souvenir impérissable. Le 20 et le 21, dans les cantonnements de Tarcienne, Somzée, on répare ses forces.

La canonnade encore lointaine fait présager de prochains combats ; aussi, le 21 dans l’après-midi, quand vient l’ordre de se porter en avant, chefs et soldats partent avec la ferme volonté de faire tout leur devoir. Le lendemain, ils prouvent leur vaillance. En réserve de division, le Régiment fut pourtant engagé de bonne heure dans la matinée du 22. Des combats de nuit malheureux avaient fait perdre les ponts de la Sambre et le 36e reçut l’ordre de tenir les hauteurs au sud du Châtelet, à hauteur de Presles.

 

Les mitrailleuses fauchent les rangs

Dès le début de l’action, le commandant Bouleis est tué, le commandant Saunier est blessé, le commandant Kahn est frappé de 22 balles de mitrailleuse (dans la suite, il sera sauvé des mains de l’ennemi grâce à l’héroïsme du jeune sous-lieutenant Gesrel qui l’emporte sous une véritable pluie de balles). Le commandement est assuré cependant et la mission remplie. Nos feux déciment les colonnes ennemies débouchant de la Sambre et permettent aux autres régiments de la division de se reformer en arrière. Vers 11 heures, le 2e bataillon évacue, par ordre, des hauteurs de Presles et vient se grouper près de Binche. Il est midi, des bois en arrière débouche la brigade Schwartz (zouaves et tirailleurs) alignée comme à la manœuvre. Avec elle, le Régiment prononce cette contre-attaque légendaire sur le Châtelet. Les mitrailleuses ennemies embusquées dans les maisons et les tas de charbon fauchent les rangs, mais tous avancent sur le glacis, baïonnette haute, avec la volonté d’arriver quand même au corps à corps et de rejeter l’ennemi à la Sambre. Hélas ! l’héroïque folie ne réussit pas ; la pression ennemie avait fait se replier le corps de droite et à 13 heures, le régiment se reformait à hauteur de Binche. Que de braves étaient tombés… »

Les deux soldats ont été décorés de la croix de guerre, étoile bronze, à titre posthume. Une maigre consolation pour les familles.

François Basley

LOGO.jpg
fiche.jpg
monum.jpg

Une erreur sur le monument aux Morts de Tilly : Edmond Geneviève est mort en 1914 et non en 1915.

La mort des fils

du cantonnier

Deux jours après, le 24 août 1914, un troisième soldat tillois tombait ; Georges Ameline, fils du cantonnier communal Lucien Ameline, de Saint-Pierre. Il venait d'avoir 21 ans. Soldat au 162eme RI, il a été tué à Rouvrois '(Meuse). Il est enterré dans l;a nécropole de Pierrepont (Meurthe-et-Moselle).

Son frère Adrien, de deux ans son aîné, mourra en 1916 à Combles, dans la Somme.

  • Instagram
  • Facebook
bottom of page